Nous sommes reçus chez François et Héléna Oulmont
Nous débutons le tour de table à 10h30.
Il se présente et présente son histoire : -rencontre avec le concept AMAP en 2001. Il démarre en AMAP le printemps 2002 avec 25 contrats. Sa saison de distribution commence en avril et se termine en décembre. Il estime que la terre et le paysan ont besoin de repos. Dans ses terres très froides, les productions d'hiver sont difficiles. En 2007, il travaille avec 70 contrats (100% en AMAP avec une seule AMAP : Valbonne).
Il a du mal avec ses consommateurs pour leur faire admettre des augmentations du prix du contrat. Il trouve des limites qui bloquent son évolution. Il s'interroge comment perdurer, comment réellement gagner sa vie. Les charges ne cessent d'augmenter. Comment faire évoluer le prix du contrat ?
Jean-Louis (Hyères 83) est en AMAP depuis 3 ans et actuellement gèrent 100 paniers 12 mois sur 12. Il voudrait essayer de diminuer et aller sur 9 mois de distributions. C'est un travail pénible. Cet été, il s'est retrouvé à l'hôpital pour un problème cardiaque. Malgré tout, pour lui, c'est tout du positif ! On ne s'endette plus !
Benoît et Martine (Fontvieille 13) rencontrent Denise et Daniel en 2001 et démarrent en avril 2002. C'est un concept vertueux. Dès le début, ils se portent sur l'emploi. Pour pérenniser l'emploi de leurs salariés, ils choisissent de faire de + en + de paniers !! Le TOUT AMAP demande une grande technicité, mais c'est passionnant ! Ils ont une chance, Leur fille Mathilde reprend le flambeau ! Benoît est aux anges ! Il existe la capacité de mieux construire pour durer. Martine pense que c'est bien parce qu'ils sont passés en AMAP que Mathilde a trouver un intérêt à leur ferme !
Benoît demande de resserrer les liens entre producteurs. Personne ne doit rester sur le bord du chemin.
Valérie est en stage de formation BPREA chez Linda et désire s'installer en maraîchage diversifié en AMAP. A Aubagne, dans le 83, n'importe !!!
Linda (Aubagne 13) s'installe en mars 2007 avec 20 paniers sur du foncier que la ville d'Aubagne (en recherche de lien social) lui mets à disposition, sous forme de bail à ferme. Un noyau de conso est solidaire, ils lui font l' avance de trésorerie 3 mois avant le premier panier pour qu'elle puisse démarrer. « Ils sont là plus pour le projet que pour les légumes ,ils ont entre autres participer à la construction des tunnels».Elle termine sa première saison et entame sa saison d'hiver avec 40 paniers.
Cathy avec Brigitte, la présidente de son AMAP (Fréjus 83) est dans sa troisième saison d'AMAP. Elles nous appellent au secours ! Les consos sont pas contents et elles pensent qu'ils vont laisser tomber. Cathy a des difficultés de production. Elle a une petite surface, des difficultés de gestion des herbes et de la phyto. Elles sont découragées. Une visite et un suivi leur sont proposés dans les jours qui viennent.
Marie-Christine (La Garde Freinet 83) pratique une agriculture de forêt en bio-dynamie. Elle raconte la vraie solidarité qui s'est mise en place autour de sa ferme, l'AMAP, le conseil général, et l'entrepreneur pour la mise en place d'une retenue d'eau de grande capacité. Étant donné que la sécheresse perdure, l'entrepreneur lui propose de lui livrer quelques camions d'eau. Elle peut semer....Pour faire cette ouvrage une emprunt à la Nef a été cautionné par les AMAPiens. L'AMAP a aussi monté un dossier de complément de financement au conseil général. Cette saison, elle avait 25 paniers et penses pouvoir faire 45 au printemps. Il a été mis en place un système « Plocher » pour rendre l'eau de meilleur qualité. De la poudre de quartz est mise dans la retenue pour que l'eau reste de bonne qualité. La qualité de sa production est due à cette eau de très bonne qualité. Son objectif est de réussir à inclure le vrai prix de la main d'oeuvre.
Aimé et Annie (près de St Rémy de Provence 13) rencontre les Vuillon en début 2007. Ils travaillent une dizaine d'ha. Il met tout en place dans ses cultures avant d'avoir des groupes! C'était pas facile , mais il est confiant pour cet hiver. Les groupes se mettent en place. Sa difficulté est qu'il doit se déplacer pour aller sur les lieux de distribution. Il remercie les Vuillon pour leur aide précieuse. Il a des difficultés à trouver de la main d'oeuvre de qualité. Il apprend à travailler différement autrement et c'est super.
Anne-Marie et Giovani (près d'Arles) sont en AMAP depuis 2006. Ils fournissent 200 familles qui viennent à la fermes en trois distributions. Les cultures tournent sur 4 ha et ½ en serre. Ils ont trois salariés. A un moment donné, ils arrivaient plus à cueillir les fraises. Ils ont invité les AMAPiens à le faire comme ils voulaient : c'est super.
Denise (Ollioules 83) continuera tant qu'elle pourra à faire l'essaimage d'AMAP aux côtés de Daniel. Son cheval de bataille : « faire naître la relation producteur/ consommateur. » Elle accompagne les groupes. Elle se charge de la communication aussi bien sur l'exploitation que dans les différents réseaux liés au concept des AMAP.
Julien de Peysanas (Montpellier 34) cultive 2 ha depuis 2ans. Il démarre en mai 40 paniers avec un groupe du Conseil Général de Montpellier. Il a gardé un marché. IL a démarré avec un prix bas. En cours il a désiré réajuster, mais ça s'est pas trop bien passé. La communication est difficile. Comment faire évoluer le prix ?
Hervé de Beaucaire est chef d'exploitation depuis 6 ans. IL a subit 2 gels et 3 innondations du Rhône. Il est parti depuis mai. Il a investi pour 100 paniers et ne les a pas eu !
Il est super appuyé par Jocelyne et Jean-François. Heureusement sa femme travaille et c'est elle qui assure les revenus. L'AMAP est sa dernière tentative pour s'en sortir.
Bruno (Tourves 83) s'est installé en 2004. Il commence sa quatrième saison avec 60/70 paniers. Pour lui c'est fini le 100% AMAP. Il diversifie sur le marché local le dimanche matin. Son AMAP est très dynamique mais semble vouloir être chef d'exploitation à sa place ! La pression est trop forte.
Jean-François et Jocelyne (entre Nîmes et Fontvieille 30) ont 20ha à l'arrosage. Suite à un redressement judiciaire, ils partent en AMAP en avril 2006. C'est Benoît qui les parraine. Ils débutent avec 19 paniers sur Marseille, maintenant ils en ont 182 sur trois groupes. Ils sont en Bio de puis 20 ans. Leur prix de panier est directement calculé sur leur chiffre d'affaire. Ils s'en sortent avec un petit salaire mais ils sont sortis d'affaire. Ils ont 5 emplois qu'ils motivent au sein des AMAP. Les salaires sont complétés par une prime sur les bénéfices. Les conso ont un soutien actif. Une souscription auprès des consommateurs leur permettra de planter un verger.
Yolande ( 04) est éleveuse. Ses brebis partent à l'alpage en été. Elle fait du maraîchage et a planté 1 ha de pêchers. Elle aimerait plus d'AMAP et moins de marché ! C'est sa première saison d'AMAP avec 15 paniers qu'elle livre à Chateau-Arnoux. Elle est contente, « on sait mieux où on va »
Isabelle (Vidauban 83) s'est installée avec DJA (dotation jeunes agriculteurs)en AMAP en 2003 en arboriculture. La saison 2007 a été difficile et a débuté par un gel sur fleur des arbres. Questionnement sur la viabilité des toutes petites fermes. Les AMAP qui la soutiennent sont très présentent et participes au calcul du prix des contrats. Malgré ses 91 contrats d'avril à fin octobre, son salaire ne permets pas de faire vivre sa famille.
Thibaud est en stage chez les Vuillon. Il est en première année agro Grignon à Paris.
Benjamin était en école d'ingénieur en bio-industrie Il était en échec dans sa scolarité par manque de motivations sur ses études.......depuis son enfance, il a un élan d'âme de paysan......après une conférence 'bâtir l'avenir' où il rencontre Denise qui présentait le concept AMAP, il se décide , démissionne de son école et part en stage chez les Vuillon. Il a besoin d'être sur le terrain. Pour pouvoir y être, il a choisi un bac pro agricole par correspondance qui lui permettra de s'installer.
Daniel ne nous parle pas de sa ferme, mais fait un constat suite au tour de table. « dans ce concept, il y a tous les cas de figure! Tout les éléments sont variables: les fermes, les paysans, les sols , les micro-climats, l'endettement, les compétences, etc. Il existe donc un principe en face duquel chacun met sa réalité ».
On le remarque c'est en débat permanent. Il faut absolument arriver à la rémunération moyenne des français qui est de 1 500€ par mois. N'oublions pas que nous sommes à la fin de l'existence des paysans. L'installation de jeunes agriculteurs est une priorité et leur rémunération est un point capital pour les amener à faire le choix d'être paysan en AMAP C'est un problème de société. Il est urgent de préserver notre métier. « Le paysan peut nourrit les gens qui sont autour de lui »
Souvent la relation avec ses conso en AMAP passe des crises difficiles. Ça occasionne des ambiances crispées. Le comité se sent mandaté de représenter tout le monde et prend des responsabilités. Le paysan se retrouve seul. Un élément extérieur peut amener de l'ouverture, de la sérénité. Il est important qu'un réseau de paysans en AMAP existe.
Daniel souligne la difficulté de quoi mettre dans le panier hebdomadaire, alors qu'il est difficile de s'adapter, d'adapter nos productions aux changements climatiques.
Un échange précède le repas : C'est Benoît qui débute : « on peut pas rester tout seul ! Au pic-nic ou portes ouvertes, il faut s'entr'inviter ! » Une liste de diffusion opérationnelle, nous permettra d'échanger nos infos.
A la question insistante d'Isabelle sur les difficultés autant physiques que financières, Benoît répond : « il faut tenir le temps qu'on résiste! » et Aimé d'en rajouter: « vous verrez ça passe avec l'âge!!! ».
François : « on en fait, on fait le maximum !!! tout est pour eux et ils comprennent pas tout ce qu'on fait ! il faut augmenter le prix du panier ou le nombre de paniers (pour la même quantité de produits) ou largement diminuer la biodiversité et la diversification et faire QUE le basique »
Jean-François : « l'augmentation ne doit appartenir qu'au producteur! »
Bruno : cet hiver je fais les marchés et diminue le nombre de contrats. Les paniers d'hiver c'est difficile parce que leurs compositions ne sont pas attrayantes comme en été. « C'est là où j'ai le plus besoin de moral et c'est là où les conso râlent ! »
Yolande : « il faut qu'il y ait un rapport entre le temps de la vente au marché par rapport à une distribution
Jean-Louis : « le surplus je le mets à la vente » ***jl est tellement efficace dans son jardin que les conso en ont toujours trop ! Alors il a instauré des p'tits paniers. Les conso des p'tits paniers sont parfois 'juste' alors ils ont demandé d'acheter du complément.
Daniel : qui est un peu comme JL : « l'erreur c'est de trop en mettre ! Il faut pas que le + devienne normal! »
JL et B se questionnent sur le tout AMAP.
Benoît : « le producteur doit pouvoir vivre de sa démarche. C'est le système économique qui tue. Ma mission est de donner, d'apprendre Sa capacité de résistance. »
Martine : « lorsqu'on s'est mis à l'envers, par la crainte d'annoncer l'augmentation, les AMAPiens à la signature ne s'en sont même pas aperçus ! »
Jocelyne : « Lorsque nous nous sommes retrouvés devant la juge pour notre redressement judiciaire, j'ai expliqué ce qu'est une AMAP. Ça nous a sauvé ! »
Denise : « Il faut qu'on soit bien conscient que les -nouveaux AMAPiens ont besoin de la même sensibilisation que les premiers, avec qui nous avions fait 3 réunions + la visite de la ferme. « Il est impératif qu'on passe du temps avec eux, qu'on les rencontre pour tout expliquer. »
Jocelyne : « En effet, il faut un accueil minutieux par le paysan. L'AMAP fait le premier accueil et décrit les généralités du concept, mais le paysan raconte sa ferme, son histoire. »
Denise : rappelle l'importance de la « relation » « mettre le visage du fermier sur le produit! » « Les producteurs nous avons notre part de bénévolat » pour la pérénnisation des AMAP: en donnant du temps à la communication, la sensibilisation, l'accueil dans nos fermes ».
Benjamin : « En fait revenir à des relations humaines de base! »et tout le reste en découle ( prix du panier, participation au jardin etc).
Aimé : « Les conso qu'on a retrouvé après qu'ils aient fait la visite de la ferme, n'étaient plus les mêmes. Ils étaient un peu plus AMAPiens et nous avec ! »
Partage chaleureux de ce que chacun a amené ! Une partie de soi.
Tous ces échanges se sont faits avec une sincérité et une ouverture très grande. Il existe une énergie très positive comme si chacun encourageait l'autre.
Après le café : visite des jardins de François. Les échanges sont diffus et j'ai pu prendre les notes nécessaire. Excuses.
L'eau: le manque de ressources propres l'oblige à arroser avec l'eau de la ville avec un très faible débit ( tuyau de diamètre 25 mm !) d'où le développement du goutte à goutte et de la micro-aspersion et développement de cultures sur mulch qui lui est fourni gratuitement par des collègues paysagistes du coin.
Il nous montre les dégâts occasionnés par des nématodes en serre et en plein champ sur cultures d'aubergines et de tomates
Nous découvrons ensemble les dégâts faits par les sangliers la nuit précédente dans un champ de salades et constatons que ce problème est général pour tous les paysans présents , où qu'ils se trouvent même en zone péri-urbaine!
François nous fait découvrir les merveilles de sa dernière acquisition: un superbe enfouisseur buteur Massano qui lui donne entièrement satisfaction au niveau facilité du travail et augmentation incontestable des rendements de ses cultures. Il a profité pour cet investissement d'une opportunité offerte par le Conseil Général des Alpes Maritimes qui finance 50% des investissements des agriculteurs!!!
Nous découvrons des magnifiques cultures de carottes, sans herbes et de densité de semis parfaite.
Lui qui nous disait dans la matinée qu'il envisageait d'aller vers des paniers plus basique est en parfaite contradiction avec un jardin où la bio-diversité est présente sur chaque restanque.... révélant par là même la passion qu'il a pour la botanique en général et les plantes potagères en particulier.
Nous nous arrêtons devant une treille ancestrale qui témoigne d'une époque où toute cette région de Valbonne été connue pour son raisin d'hiver « le Servan ».
Daniel relance : « Il faudrait amener les AMAPiens de François sur d'autres fermes en AMAP + faciles, pour leur donner d'autres histoires et leur montrer que le travail de François ne s'arrête pas seulement aux cultures mais aussi à l'entretien du paysage dont il devrait recevoir une contribution de la part de la collectivité locale, et puis on se lance sur ce que veut pour notre réseau.
Benoît : « la dénomination AMAP ça va bien à tout le monde. Il faut continuer les vertus de ce système. Il y a aussi une dimension nationale et internationale. Pour moi l'AMAP c'est trois bulles : social, environnemental, économique. Chez certain c'est + d'un côté ou de l'autre volet. Celui qui s'appelle AMAP doit appartenir à la même famille. Je souhaite faire des rencontres par zone. Il y a une route à faire ensemble. Une harmonie commune. »
Bruno : « Je suis d'accord pour des réunions par zone. Mais je souhaite formaliser quelque chose autour des paysans en AMAP. Aller plus loin qu'un groupe yahoo. Moi j'ai besoin de reconnaissance. »
Jean-Louis « pas besoin de formaliser »
Benoît : « Quelqu'un m'a dit ah toi t'es de l'AMAP des villes ou celle des campagne ! »
Denise : « il y a CREAMAP. Il faut accompagner les nouveaux producteurs, il faut dire à leur place ce que doit être le prix du panier. Souvent ils n'osent pas. Quand il y a des problèmes il y a des producteurs qui arrêtent l'AMAP, plutôt que d'être obligés de justifier le prix alors qu'il est calculé en toute transparence comptable. On a besoin des uns et des autres, les producteurs ne devraient pas avoir à « justifier », c'est de la dignité humaine. »
Jocelyne : « Il faut quelque chose pour les producteurs, entre les producteurs! »
Yann Vidal, producteur dans le 06 nous a rejoins pendant la visite de ferme. Il est pas bio. « Je me suis fait traité d'empoisonneur et Alliance Provence m'a jeté. J'ai décidé de partir en AMAP sans m'appeler AMAP.
Isabelle : trop passionnée! Personnellement je suis comme Jean-François, je préfère l'informel parce que plus libre.
Et puis certain sont partis ! Il commençait à faire nuit et le chemin est long pour rentrer.
La prochaine rencontre est prévue aux Olivades chez Daniel et Denise Vuillon le 16 décembre 07.
Isabelle Bouvier, complété par Denise et Daniel VuillonCREAMAP France · Tous droits réservés · Valide XHTML 1.1 Valide CSS
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